Titre : Entre deux accords
Sous-titre : Quand l’amitié, la musique et la guérison deviennent de l’amour
Résumé du livre
« Entre deux accords » raconte la naissance lente et lumineuse d’une histoire d’amour entre Aishah et Eddy, deux étudiants de cégep que tout semble lier sans qu’ils osent d’abord le voir. Présentés par leur amie commune Maëlie lors d’une soirée d’Halloween à l’union, ils se découvrent un humour semblable, une énergie intense en gang, mais aussi un malaise commun avec les bars. Tous deux studieux, passionnés de science nature et de musique rock et metal des années 2000, ils se retrouvent sans le vouloir sur la même longueur d’onde, comme si quelqu’un avait décidé de les « matcher » avec soin.
Au début, Aishah et Eddy ne visent qu’une amitié. Eux-mêmes, marqués par leurs habitudes, par la pression des études et leurs histoires personnelles, s’interdisent d’envisager autre chose. Eddy surtout, enfermé dans un manque de confiance en lui qui dure depuis la mort de son père et de son frère, peine à croire qu’une fille comme Aishah pourrait un jour le regarder autrement que comme un ami. Même après deux ans de thérapie qui lui ont permis de reconnaître ses forces, il bute toujours sur cette question intime : pourquoi quelqu’un voudrait de lui?
Une première série de rencontres entre amis, de soirées tranquilles et d’études partagées installe doucement la complicité. Ils ne se collent pas, n’osent pas franchir les limites physiques, mais quelque chose circule déjà. Les devoirs en commun, les pauses où ils se partagent des chansons, les discussions autour de leurs projets d’université et de leurs rêves les rapprochent sans qu’ils osent mettre un mot dessus. Aishah, extravertie et à l’aise en public, entraîne un Eddy plus renfermé à sortir de sa coquille, tandis qu’il l’aide à viser la meilleure cote R possible.
Puis tout bascule lors d’une soirée au Shaker, le 12 décembre. Les amis sortent pour décompresser, mais ni Aishah ni Eddy n’aiment vraiment l’ambiance des bars. Elle boit un peu plus qu’à l’habitude, sent son regard changer sur lui, le trouve soudain « incroyablement cool et beau », et comprend au fil des chansons et des éclats de rire qu’elle est en train de tomber pour lui. Un moment drôle où une inconnue tente de draguer Eddy révèle à quel point Aishah y tient déjà. Sans se l’avouer clairement, elle commence à protéger sa place auprès de lui.
Le lendemain, lors d’une soirée jacuzzi entre amis chez Aishah, la tension affective trouve un terrain plus intime. Entre la chaleur de l’eau, les blagues, les taquineries de Maëlie et les regards qui s’attardent, Aishah questionne enfin Eddy sur son refus constant de boire. Il se confie, pour la première fois avec autant de sincérité, sur l’accident qui a emporté son père et son frère, sur la trace invisible que le deuil a laissée dans son estime de lui-même et sur la difficulté à croire qu’il mérite quoi que ce soit de beau. La réponse d’Aishah n’est ni un grand discours ni une promesse morale, mais un silence lourd d’émotion, suivi d’un long câlin dans le jacuzzi. Un geste simple qui change tout. À partir de là, elle se met à se coller à lui avec une douceur nouvelle, clairement plus romantique, sans franchir encore la barrière du baiser.
Ce moment de proximité plonge Eddy dans un tiraillement intérieur. Pendant la semaine qui suit, à la bibliothèque de son cégep, il se confie à ses amis Hugo et Charles. Charles le taquine, exagère, sabote à moitié, tandis que Hugo reste posé, tente de lui faire voir l’évidence : Aishah ne colle pas comme ça à tout le monde. Pourtant, Eddy oscille sans cesse entre deux pensées contradictoires. D’un côté, les signes qui semblent dire qu’elle l’aime. De l’autre, la voix intérieure qui lui répète qu’il ne vaut rien, que c’est impossible qu’une fille comme elle le choisisse. Même les conseils de sa psy, qu’il entend encore au fond de sa mémoire, peinent à calmer ce doute.
Maëlie, qui « shippe » le duo depuis Halloween, décide alors d’organiser une soirée pyjama pour souligner la fin de la session. L’appartement se remplit de matelas, de couvertures, de rires et de musique. Toute la soirée, Eddy et Aishah échangent des regards chargés, des sourires timides, des silences qui en disent plus que leurs paroles. Rien n’est encore clair, mais tout est déjà là. Les autres s’amusent, sans voir que, pour eux deux, chaque minute ressemble à un compte à rebours.
À un moment, Eddy n’en peut plus de tourner en rond dans ses doutes. Il prend son courage fragile à deux mains et propose à Aishah de l’aider à « aller faire le lit » dans la chambre où elle doit dormir. Une excuse bancale, mais suffisante. Une fois seuls, le cœur battant, il se retourne vers elle et lui dit qu’il doit lui dire « quelque chose de spécial ». C’est tout ce qu’il réussit à formuler avant qu’Aishah ne se jette sur ses lèvres, comme si elle attendait ce moment depuis des semaines. Le baiser qui suit n’a rien d’hésitant. Il est intense, long, ponctué de mots doux, de confidences chuchotées et de cette libération soudaine qui transforme enfin la complicité en amour assumé.
Ils restent ainsi, perdus dans leurs découvertes mutuelles, jusqu’à ce que leurs amis, intrigués par leur absence, ouvrent la porte et les surprennent en plein baiser. Les rires, les taquineries et les petites remarques complices viennent clore cette soirée et ce chapitre de leur histoire, laissant le lecteur sur une image nette : celle de deux jeunes adultes qui, malgré les blessures, la pression scolaire et les doutes, se choisissent pour vrai.
« Entre deux accords » est un roman d’amour contemporain à l’ambiance très cégep, porté par un langage proche de celui des jeunes, mais sans excès. Il explore avec délicatesse la frontière entre amitié et amour, la guérison lente d’une estime de soi brisée, et le rôle des petites ressemblances qui, comme une même chanson partagée dans des écouteurs, finissent par rapprocher irrésistiblement deux personnes. C’est aussi un hommage aux amitiés qui nous « matchent », aux soirées trop bruyantes où l’on découvre qu’on préfère rouler en voiture et parler, aux silences lourds qui valent tous les grands discours.
Au fil des chapitres, le lecteur suit:
- La rencontre au bar d’Halloween, les premiers malaises, les points communs révélés par Maëlie et la prise de conscience qu’ils partagent bien plus qu’un programme d’études.
- L’évolution tranquille de leur amitié faite d’études, de musique et de confidences, et la place grandissante qu’ils prennent l’un pour l’autre sans encore oser se toucher.
- La double soirée du 12 et du jacuzzi, où Aishah réalise qu’elle aime Eddy, où il révèle son passé et son trouble de confiance, et où le corps commence à dire ce que les mots taisent.
- La semaine de doutes, les discussions avec Hugo et Charles, l’organisation de la soirée pyjama par Maëlie, et enfin la scène du baiser qui consacre leur passage de duo d’étude à couple naissant.
Au final, ce livre laisse une sensation douce et lumineuse: celle qu’un premier amour peut être à la fois simple et profondément réparateur, et qu’entre deux accords de guitare, deux regards et deux silences, une vie entière peut commencer à se réinventer.